La cigarette est un poison, tout comme l'alcool. Elle vous mange une partie du cerveau en lui faisant un mini lavage. Elle lui fait croire que vous avez besoin d'elle pour vivre. Et hop, c'est biologique. Dépendance. Habitude. Ca va vite. C'est psychologique: nouvelles sensations carrément agréables lorsqu'on a une clope au doigt. Se donner une contenance.
Le corps, la bouche, les cheveux qui puent. Le visage pale ou jauni, les dents plus trop blanches. Les poumons qu'ont pu trop l'air d'avoir envie d'etre roses. La gorge qui se voit réchauffée par cette fumée qui monte sa température à 42°C et donc, l'abime. Voilà ce que je pensais y'a trois jours.
Depuis, je ne fume pas. J'ai encore plus mal au poumon et à la gorge, je dors beaucoup moins, je me réveille en plein milieu de la nuit, je m'énerve facilement (j'ai pleuré hier soir car ce que je cuisinais avait un tantinet brulé, mais vraiment de pas beaucoup). Je suis super crevée et une seule pensée m'obsède. Celle de m'en griller une dernière. Et aussi de boire du coca (il a bien fallu que mon intelligent cerveau renvoie ma dépendance nicotinique à autre chose, la cocaine du coca, génial).
L'enervement. Voilà le pire. Ce sevrage terrible, tel un drogué. Comme on voit dans les films, sauf que tu vomis pas et que tu tape personne. T'as envie mais tu le fais pas. Alors ça t'enerve. Et t'es à fleur de peau. La cigarette te faisant respirer beaucoup plus vite (par manque d'air, humhum), tu mets un mur à tes émotions. Là tu l'enleve, parce que je sens que je respire beaucoup plus doucement et sereinement. Y'a pu ce voile aux émotions, qui passent facilement. Et c'est dur à gérer. Je me sens différente, et pas forcément meilleure. Je vais voir ce que ça donne les prochains jours.
Il y a aussi ce manque de concentration. J'ai du mal à lire, à réflechir, mes yeux suivent pas forcément ma tête. Et la fatigue accumulée par ces petites insomnies n'arrangent rien.
Pour dire que la période de sevrage tabacologique n'est pas des plus plaisantes. On ne pense qu'à ça, et du coup on essaye de pas y penser, mais donc on y pense. C'est sans fin. Faudrait que je me mette dans la tete que je n'ai jamais été fumeuse. Ca irait peut être plus vite.
Je pense au jour où le sevrage sera passé, où l'habitude aura été vaincue, où la dépendance ne sera plus qu'un souvenir. Ce jour où je serai libre. Où tout ira mieux dans mon corps. Où je ne lui ferait plus de mal. Peut etre sera-t-il reconnaissant...
A suivre.